Blanchard n’est pas Blanch’ART

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Pour mieux comprendre Pascal Blanchart : http://www.wix.com/latelierdeblanchard/latelierdeblanchard

Une forme de noirceur d’âme presque jubilatoire habite le travail de Pascal Blanchard. En tant qu’ami, il est bien souvent difficile car douloureux de se complaire dans cet univers tourmenté. Ici, les toiles scarifiées, les bétons écorchés associés au métal torturé renvoient à des blessures indicibles. L’œuvre entière de Blanchard envoie de multiples signaux désespérés d’amour. Tout n’est qu’appels, symboles, métaphores complexes et subtiles, mystères enfouis au cœur des matières qu’il utilise. Ne vous contentez surtout pas de ce que Blanchard vous donne à voir, tout est ailleurs. Si vous voulez comprendre, vous devrez chercher.

A l’image des matériaux qu’il utilise, Pascal Blanchard semble, de prime abord, ne pouvoir plier sous aucun poids, aucune  contrainte, de prime abord seulement… Pascal est Blanchard et Blanch’art à la fois, l’un dévorant l’autre, l’autre tentant de raisonner l’un, ce dernier se perdant parfois dans les travers de l’âme. Egaré entre deux états, le terrien qu’il n’est plus totalement, lutte en permanence avec un double à l’esprit complexe en perpétuelle tentative d’achèvement. Les deux êtres cohabitent et chahutent maladroitement dans une enveloppe charnelle fragile et vacillante qui tente de donner le change.

Jugez l’artiste vous en avez le droit. Le droit d’aimer ou de détester son travail. Mais ne jugez pas l’homme et ne confondez surtout pas les deux, vous ne feriez qu’ajouter au trouble le sien, le vôtre peut être. Je préfère ne pas parler de l’artiste, celui la, je le hais. Je ne suis d’ailleurs nullement légitime pour écrire sur l’art et les artistes. Seul l’homme et son double négatif m’intéressent. J’aime Pascal pour le bien qu’il procure aux autres, je déteste Blanch’art pour le mal qu’il fait à Blanchard.

A sa demande, je mettrai à jour une part de son mystère que je crois parfois effleurer de l’esprit. Je ne tenterai pas d’expliquer son travail mais me contenterai de livrer ma propre lecture de l’être. Ce que montre Blanchard n’est pas seulement beau ou détestable, sinistre ou plein d’espoir, généreux ou ignoblement égoïste. En fait, il n’y a rien dans le travail de Pascal qui ne soit pas lui. Blanchard ne signe pas seulement ses travaux, il les habite. Plus exactement, Blanch’art les hante et croyez moi ceux-ci le lui rendent bien !…C’est sans doute pour cela que son travail est si sincère et certainement analytique, même si par pudeur Blanchard se défendra de ces foutaises.

Il n’est dès lors plus question d’aimer ou de détester son travail, mais de le comprendre et d’adhérer ou de le rejeter et partir, tellement mal à l’aise que la fuite semble être une issue intellectuellement acceptable. Je pourrais sans doute vous dire dans un avenir proche en voyant son travail « Blanchard va bien, blanch’art la enfin laissé vivre ». Ses démons l’auront alors quitté, les toiles scarifiées, les bétons noueux et les métaux déchirés feront sans doute place à d’autres expérimentations chimériques, car il ne s’arrêtera jamais de chercher à s’approcher d’une forme de vérité.

Un jour, alors que mon visage se reflétait dans un miroir, Blanchard me dit : « voici ton pire ennemi ». Ce texte est un miroir intime, sa lecture permet d’entrer en relation avec l’univers  de Blanchard, un être doué pour l’art autant que pour le bonheur mais qui a commis le crime de l’avoir oublié.

Je hais les miroirs, je hais ce texte, je hais Blanch’art pour que vive Pascal Blanchard.

Franck LEON

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